Le Col de la Colombière en Haute-Savoie, paradis des ornitho- naturalistes

Le Col de la Colombière en Haute-Savoie, paradis des ornitho- naturalistes
(Aquila chrysaetos)

- Situé dans les Préalpes calcaires de Haute Savoie à une heure de voiture de Genève, ce col de 1618 m nous donne la possibilité d'observer pratiquement toute la panoplie des oiseaux alpins. On y accède par l'autoroute Genève-Chamonix que l'on quitte à Bonneville ou Scionzier. Il est possible de faire un joli circuit en montant p.ex. le matin par le Petit et le Grand-Bornand et en retournant par la Chartreuse du Reposoir l'après-midi.

Lorsque le Tour de France a passé, lorsque les vacances d'été se terminent, le Col de la Colombière redevient un coin sauvage et tranquille. En septembre, de beaux quatorze-cors brâment dans la jungle impénétrable des vernes de l'Almet. En octobre, les chamois caracolent sur les pentes du Bargy pendant le rut, et fin novembre, c'est au tour des majestueux bouquetins réintroduits voici 30 ans de laisser leurs trophées énormes s'entrechoquer. Pendant l'hiver, un silence de mort enveloppe la région, ponctué seulement par les sifflements des vols de Chocards à bec jaune. Les bouquetins se concentrent près de certains couloirs d'avalanches où l'herbe apparaît plus vite qu'ailleurs, et aigles, corbeaux et gypaètes patrouillent quotidiennement pour voir ce que le renard a déterré la nuit pendant laquelle on a cru entendre la Nyctale de Tengmalm dans la forêt au pied du Petit-Bargy..

Au printemps, tout change très vite. En l'espace de quelques jours, l'air est rempli du chant des merles à plastron, traquets tariers, pinsons et autres venturons dans les épicéas. Le tétras-lyre fait entendre son roucoulement au-dessus de l'alpage d'Aufferand au moment où le col est ouvert à la mi-mai après avoir sommeillé sous 5 m de neige tassée dans un des dangereux couloirs côté Reposoir. Les bouquetins descendent par douzaines à la hauteur même du col pour s'offrir la première herbe verte et tendre de l'année, et les marmottes prennent des bains de soleil sur le goudron tiède de la route au petit matin. Avant que les foules arrivent, nous montons le sentier (hélas trop) populaire au Lac de Peyre. Avec beaucoup de chance, on entend la perdrix bartavelle chanter dans les éboulis où le merle de roche est encore assez commun, même s'il est aussi farouche que le splendide gallinacé. Arrivés au lac, nous scrutons les pentes encore enneigées pour apercevoir le vol nuptial de la niverolle. Un sifflement de marmotte retentit: ...et un gypaète passe sous le lac en direction du col du Rasoir où il reste encore une carcasse d'étagne. Derrière la crête de Balafrasse, nous entendons le cri étrange du lagopède que nous ne découvrons que si le coq décide de nous faire une démonstration de parade nuptiale aérienne. Chose qui n'arrive pas à tout instant: l'aigle royal, qui niche dans la chaîne des Aravis toute proche, rôde le long de ces pentes presque tous les jours. Sur la paroi de la Pointe du Midi, à l'extrémité de la crête de Balafrasse, un tichodrome papillonne.
Quelques semaines plus tard, un sentier à flanc nous conduit du col vers les ruines de Montarquis. Nous découvrons une flore resplendissante, le vol des pipits des arbres et spioncelle, le chant méconnu du bruant fou. Dans les falaises qui conduisent vers la Grande Cave gazouille un accenteur alpin, une hirondelle des rochers zigzague devant et un grand corbeau se fait chasser par un père gypaète furibard.

Un groupe de personnes qui arrive avec plusieurs véhicules peut descendre depuis les ruines vers le site du Chalet Neuf au pied du Bargy, et depuis là, vers le parking au pied du téléski. Depuis là, on peut regagner le col avec une des voitures.

Sur le chemin, on traverse des prairies à lis, entend le pic noir dans les bois au chalet où chasse l'épervier et croise des pie-grièches perchées dans les églantiers. Dans le bas de l'alpage, on entend parfois en mai des chants de migrateurs visiteurs d'un jour: huppe, torcol, caille et autres locustelles. Ensuite, c'est vite l'été, et la nature se tait à nouveau...

- Les meilleurs moments pour les observations sont le printemps (mi-mai jusqu'à fin juin) et l'automne (mi-septembre à mi-novembre). Pendant les vacances d'été et certains dimanches, le col est souvent encombré par des visiteurs; mais il suffit en général de faire un petit kilomètre à pied pour échapper à la foule. En hiver, le col est fermé (jusqu'en mai) à cause des avalanches et chutes de pierre; avant l'ouverture au printemps, son accès est plus facile côté Grand-Bornand. Il n'y a pas de transports publics.

- La plupart des courses se font dans un terrain assez sec et rocailleux (pentes exposés au sud-est). Néanmoins, de bonnes chaussures sont nécessaires en toute saison; une paire de bâtons de ski peut s'avérér très utile dans les pentes plus abruptes, sur les névés et dans les terrains boueux, surtout dans le massif de l'Almet. Ne pas oublier un coupe-vent étanche, même par beau temps. Prendre suffisamment à boire; il y a très peu de sources en dehors de l'Almet.

- Les courses les plus faciles durent 4 à 5 heures et conduisent

a) au Lac de Peyre et à la Crête de Balafrasse, juste au-dessus,
b) aux Ruines, à la Grande Cave et au Col de Montarquis, puis
c) à la Pointe des deux heures dans le massif de l'Almet (se garer à l'alpage d'Aufferand, 800 m à l'est du Col; course à faire par temps sec).

Les montagnards chevronnés peuvent se procurer la brochure "32 Randonnées autour de la Chartreuse" à l'épicerie du Reposoir. Il n'est en général pas nécessaire de grimper sur un sommet pour voir certains oiseaux; même les lagopèdes se trouvent dès 1900 m dans les faces nord derrière le col de Montarquis et la Balafrasse. L'escalade de presque tous les sommets comporte certains risques: pentes raides et glissantes, roches pourries, éboulis, lapiaz et itinéraires peu ou pas marqués.

- Comme sur tout sol calcaire en montagne, on y trouve des pelouses et tapis de myrtilles et de rhododendron parsemés d'orchidées, gentianes, campanules, anémones et primevères, ainsi que le lis du paradis en juin et le lis martagon en juillet-août. Le papillion Apollon et la vipère aspic sont communs. Côté mammifères, le cheptel du massif comporte environ 250 bouquetins, 60 chamois et cerfs, des sangliers, chevreuils, lièvres (le variable est rare), renards, blaireaux et martres. En automne, le brâme du cerf est spectaculaire. On trouve ces ongulés des deux côtés du col dans les vernes du Massif de l'Almet à partir de la mi-septembre, de préférence pendant une période de froid.

Une spécialité, observée depuis peu de temps, c'est l'estivage d'un nombre étonnant (max. 7 ind.) de Circaètes qui font souvent le "Saint Esprit" tout près du Col en chassant des vipères aspic. On les voit surtout du côté du Chinaillon, mais aussi jusqu'à Chalet- Neuf et une altitude de 2100m. Ils sont majoritairement des individus immatures à tête blanche.

- Espèces-type d'oiseaux:

Rapaces diurnes: aigle royal, gypaète barbu, épervier, autour, faucon crécerelle et pèlerin, bondrée, circaète et buse. Gallinacés: lagopède, tétras-lyre, perdrix bartavelle. Corvidés: grand corbeau, chocard à bec jaune, casse-noix. Pics: noir, épeiche et vert. Autres passereaux: martinet à ventre blanc, hirondelle des rochers, tichodrome échelette, niverolle, venturon, monticole merle de roche, merle à plastron, traquets motteux et tarier, bruant fou, accenteurs alpin et mouchet, pie-grièche écorcheur, rousserolle verderolle (dans le vallon au sud de la Chartreuse du Reposoir), fauvette babillarde, pipit spioncelle, cincle plongeur, grimpereau des bois, mésanges et roitelets.

Pendant la migration d'automne, une partie des oiseaux transitant par le Col de Bretolet passe par la Colombière ou le long des crêtes sur les pentes ensoleillées: même des cormorans ont été vus à 2300 m d'altitude.



Le gypaète barbu

Disparu des Alpes au début du siècle, ce charognard inoffensif est en train se refaire une place au sein de l'avifaune de la région de la Colombière. Depuis 1988, plus de 30 jeunes oiseaux ont été réintroduits dans ce secteur, et en 1997, la première reproduction sauvage de ce siècle dans les Alpes a réussi dans la région! Les heureux parents sont deux oiseaux relâchés sur place en 1988 et 89. Il est relativement facile d'apercevoir ces géants avec leur envergure de 2,70 m depuis le col même, car contrairement aux aigles, il ne craignent pas l'homme et frôlent souvent des promeneurs sur les crètes à moins de 30 mètres. L'observateur qui n'a pas envie de marcher beaucoup, peut s'installer avec téléscope ou jumelles sur l'alpage d'Aufferand, depuis lequel il domine toute la chaîne de la montagne. Tôt ou tard, il finira par voir un de ces oiseaux passer sur les pentes ensoleillées (pas forcément sur les sommets, plutôt vers 2000 m).
Le gypaète est facile à identifier, même de loin. Les adultes paraissent comme d'énormes faucons gris avec leur longue queue et leurs ailes effilées qui rappellent parfois le vol du goéland. La tête et le dessous du plumage adulte est jaune-crème à ocre ou fauve; l'aigle paraît noir de loin avec, pour les jeunes, des tâches blanches au milieu des ailes et sur le haut des rectrices. Il n'y a que les gypaètes juvéniles qui peuvent paraître noirs (en fait, ils sont brun-chocolat, avec souvent une tâche blanche sur la nuque). Leur surface alaire est plus grande que celle des adultes, ce qui leur donne une allure plus massive, presque comme un vautour moine. Mais comme ils n'ont pas du tout la même silhouette que l'aigle, une confusion est rare. A remarquer que les jeunes individus relâchés conservent pendant 18 à 24 mois des rémiges et rectrices décolorées par lesquelles l'on peut les reconnaître individuellement. Ces marquages sont en général asymmétriques et aucun aigle n'a des rémiges ou rectrices blanches sur toute la longueur de la plume. Prière de communiquer vos observations d'oiseaux marqués à l'association ASTERS (asters@asters.asso.fr), qui a une exposition permanente sur l'histoire et l'écologie de la vallée au Château des Rubins à Sallanches, entre Cluses et Chamonix.
Le gypaète avait été exterminé parce qu'on lui attribuait tous les méfaits imaginables (il tuerait des moutons et volerait même des bébés...). Peu farouche, il était un coup de fusil facile; charognard, il était encore plus souvent victime du poison contre loups, renards et autres "nuisibles". On sait maintenant, qu'il se nourrit surtout d'os et de cartilages et occupe donc une niche écologique unique au bout de la chaîne alimentaire: il mange tout ce que renards, corbeaux et aigles ne touchent pas et peut donc être qualifié d'éboueur utile de la nature. S'il peut subtiliser une marmotte ou un cabri à un aigle, s'il trouve un agneau dévissé, il en profite bien sûr, mais ce n'est pas lui qui l'aura tué. - Le gypaète n'élève jamais plus d'un poussin à la fois, et niche rarement avant l'age de 7-8 ans. Il occupe un territoire qu'il défend contre des congénères et ne vit pas en groupe comme des vautours - il n'y aurait pas assez de nourriture pour un groupe dans une région donnée. - Son territoire de chasse est énorme: jusqu'à 500 km carrés en été; il ne revient donc pas tous les jours au même endroit, à moins qu'il ait un jeune à nourrir. Mais de la mi-septembre à mi-juin, on peut être raisonnablement sûr de voir chaque jour au moins un de ces oiseaux dans la région du col.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 16 février 2006 12:58

Modifié le mardi 10 juillet 2007 18:31

PHENIX - the BIRD that ROSE from its ASHES (On alpine Lammergeiers)

PHENIX - the BIRD that ROSE from its ASHES (On alpine Lammergeiers)
published in Birding World, December 1999

Released Bearded Vultures have started breeding successfully in the Alps.

In 1978 the International Project for the Reintroduction of the Bearded Vulture into the Alps was launched. A few years earlier, some scientists from Switzerland, Austria, France and Italy had already tried to release wild Lammergeiers caught in Asia, but without success. Since breeding in captivity had improved dramatically during the previous years, it was then decided to put young birds aged 90-100 days in sheltered caves in different parts of the Alps. These birds fledge after 115-120 days and have a surprising capacity of adapting to life in the wild within a few weeks, during which they feed on carrion supplied by the surveillance team. From 1986 to 1998, 80 "Lammergeiers" have thus been freed in 4 sites: one in the Hohe Tauern National Park in Austria, one in the Swiss National Park in Engadine (adjacent to the Italian Stelvio National Park), one in Haute-Savoie in the North-West of the French Alps,and the last alternates every year between the French Mercantour National Park and the Italian Alpi Marittime Nature Park. There are 28 zoos and breeding stations in 13 countries that support this European Endangered Species Programme. The most important is the Vienna Breeding Unit with 9 reproducing pairs.

The birds are generally released in May or June, leave the sites during August/ September and disperse all over the Alps before they settle down, generally when they are 4-5 years old and often close to their "birthplace" . This behaviour is called "philopatric". So far 80 birds have been released, always in pairs in order to make up for the lack of social contact with their parents. Four of them have even gone far beyond the Alps: as far as the French Atlantic coast, Holland and the Baltic Sea! Two of those were recaptured and brought back to the Alps, one found its way back on its own !

Before the juveniles are released, some of their wing and tail feathers are bleached. Thanks to these individual markings, the birds can be recognized until they have moulted their plumage completely, that is over a period of 2-3 years. An international network of observers with a central data base in France monitors the vultures during their peregrinations and - most important - when they settle down and form pairs. But since it takes Bearded Vultures 5-6 years to become sexually mature, it has taken a long time for the birds to start reproducing in the wild. More than 20 birds are considered to have disappeared since 1986, some due to collisions with power lines or avalanches, others - at least 3 - were shot by reckless "hunters" in spite of the public relations campaigns that were launched to ensure public acceptance in all alpine countries involved in the reintroduction scheme. It is an easy shot: these enormous birds a very curious and I have often seen them fly by just a few yards away. - One bird was probably fatally wounded by a Golden Eagle, another was killed in its release cave by a fox.

Over the last 5 years I have spent more than 2000 hours in the French Alps near Geneva looking for and observing the pair that established itself in close vicinity to the site where both birds had been released years ago. It all started in 1989 with the female ASSIGNAT who left the area for less than a year before she returned. Since then, she has stayed there permanently. The area is very attractive to carrion eating birds as there are plenty of ungulates like chamois, ibex, red and roe deer, as well as wild boar. In summer, hundreds of sheep, goats and cows roam on the alpine meadows, and accidents are numerous since the area consists of very steep terrain.

In early 1993 a male sub-adult, probably MELCHIOR, released in 1988, joined Assignat. As the bird had already lost his marked feathers, so his identity cannot be fully confirmed but it is almost certain. Melchior is slightly smaller and slenderer than the female bird, has a better defined black collar, a shorter, more fan-like tail, but can only be distinguished from her by experienced observers who see both birds regularly.

The pair quickly started to build a nest in an inaccessible S-SW oriented cliff at about 7000 ft. altitude. In January 1994 I happened to observe the first mating Bearded Vultures in the whole Alpine area since their extermination. The last reproduction had probably occurred around 1910. But Assignat was still too young and did not lay any eggs.

During the 3 summer months, the male disappeared mysteriously but was then seen once and again, about every other month between September 1994 and April 1995. He is supposed to have joined another pair 100 kms away. Of course, no reproduction took place. But since then, Melchior has remained faithful to his mate and stayed for long hours beside Assignat, both birds preening each other's head and neck plumage. It has always been one of Melchior's main tasks to fend off intruders like Golden Eagles or Ravens. The eagles that have always nested in the area now avoid the vultures' nesting place, and only ignorant immatures are occasionally seen there, only to be viciously attacked by the male.

In the morning of the 10th February 1996 I had been watching the nest for more than an hour, when finally the female appeared on the horizon, flying by and escorting one of the local eagles as if nothing special had happened. But all of a sudden there seemed to be a small black speck just above the edge of the nest that had not been there before... In spite of the distance (1200 m) I finally realized that the spot was nothing else than the tip of one of the male's wings... For the first time since the beginning of the century, Bearded Vultures had started to breed in the Alps ! The next weeks were going to be very quiet. On certain days, the breeding bird was relieved only once, the second bird disappearing immediately from the scene. (I have never seen more than 4 changeovers a day.) The male's part in breeding the egg(s) is definitely more than 33%, perhaps even as much as 40%. Unfortunately the birds gave up their clutch after 3 weeks, presumably due to lack of experience, continuous disturbance by the ravens that breed in the same rock face or because they realized that their egg(s) were infertile. But both birds remain in the area and start mating again in November when they can also be watched performing their spectacular synchronized flight displays.

One year later. It is the 14th of February 1997. I can see the female on the nest for a few seconds, but it has started snowing heavily and visibility is too poor. Two days later the whole mountain range is covered with thick fresh snow under a steel blue sky. And there it is again, the small black spot, the tip of a breeding bird's flight feather ! A second clutch up there in the cliff is being incubated by one of the birds! And the following weeks will again be very, very quiet.

One day in March we are all shocked to see French army troops being transported by giant helicopters to different plateaus, one of which is only half a mile from the nest. But the birds go on breeding bravely.

On the 11th of April, my friends from the French Environment Protection and Management Agency (APEGE) who guard the eyrie and the release site from February to August, see both birds acting very nervously on the nest. Two days later I can convince myself that the first Bearded Vulture chick has hatched and is being fed by the female who is going to do about three quarters of the whole feeding herself over the next 16 weeks. As she will be mainly staying with the chick during the first month, it is the male who has to bring most of the food. It is difficult to identify the sort of prey the vultures carry high over our heads towards their young: leg bones, spines or pieces of skin of anonymous carcasses found where the snow has molten in avalanche areas. In April and May, half a dozen dead Marmots are transported during the time when those animals pull dead congeners out of their holes. My friends from APEGE determine one dead bird as well as a stoat, the rest are morsels from different carrion such as ibex, chamois and sheep.

The female probably carries out more than 75% of the feeding jobs which last 5 to 15 min. at the beginning, and become longer (15-30, sometimes up to 55') in May but a bit less frequent, too. It is only on the 17th of May that I manage to catch a first glimpse of the chick on the nest. In fact, observers and above all photographers are supposed to keep a minimum distance of 700 m from Lammergeier nests in the French Alps. But the bird grows very fast. At the end of the month, it has become so big that the adults cease to spend the nights with him on the eyrie.

In late July and early August, young PHENIX Alp Action (named after one of the main sponsors of the project) beats his wings more and more vigorously. As there is always a risk of him falling inadvertently off the cliff, he generally faces the inside of the nest while exercising. On the 5th of August, his parents stop feeding him in spite of his incessant begging. He is now 117 days old. At 13.23 h, I happen to look through my telescope, just in time to see him approach the edge of the nest, hesitate and duck before leaping deliberately into the air from his platform. His first flight is not a majestic glide; he just tumbles down along the rock face like an autumn leaf. Some seconds later, he safely lands 500 ft lower down in the high grass. And another chapter of this exciting reintroduction project is closed: for the first time since the beginning of the century, Bearded Vultures have successfully raised a chick in the Alps.

Phenix is going to spend 2 days on the ground, walking around and even climbing dexterously onto the inferior ledges of the great stone wall below his nest. His flying lessons start on the third day. At first his flights are very short: 1 to 5 minutes only, not more than 5-25 min. per day. On two occasions I manage to see the adult female flying mock-attacks on her youngster, probably in order to teach him how to avoid a potentially dangerous eagle. On the 15th Aug. he soars for more than 1 hour, after 2 weeks even about 100 min. a day, up to 20 min. at a time. He learns to fly much more quickly than his congeners that are annually released in the same area but do not have parents who stimulate their courage, curiosity and energy to the effort. After a fortnight he even starts to engage into dogfights with the troublesome ravens, as well as all the other smaller raptors who occasionally come and try to harass him. At the end of the month, Phenix accompanies his mother on a two-day journey to a mountain ridge on the far side of the deep valley. In late September, he stays away from the massif for much of the day, and I see him only in early morning and later afternoon on the ledge he has chosen as night perch. I have noticed him only once return to the nest itself.

In early October, the adults bring new twigs and branches to a second nest in the same cliff, and Phenix is driven away at the end of the month while the adults start mating again... In early February 1998 the female is seen on the nest for 3 consecutive days but then flies around again with Melchior. But 3 weeks later, both birds start breeding for good, and the second chick hatches on the 20th of April. It is christened DOMINIQUE. In May, two young captive birds are released in the adults' territory. As they had hatched as early as in February, they fledge already in June and are expelled by the adults in late July. But they are old enough to forage for themselves by now and are regularly seen in the surrounding mountains.

Dominique leaves the eyrie on the 13th Aug., aged 116 days. But the nest is still used as a deposit for food, and so he returns there regularly. As his parents are getting more experienced educating their offspring, he evolves even faster than Phenix, leaving the area without his parents on 6th of September for the first time.

The famous Swiss ornithologist and author Paul Géroudet, one of the fathers of the reintroduction scheme, seems to have been right. The Bearded Vulture, pursued and exterminated 100 years ago due to his savage reputation of stealing sheep (and even babies !), is still able to live and reproduce in our Alps in spite of all the disturbances (rock-climbing, para-gliding), as well as natural and "man-made" dangers that may lie in ambush: avalanches, cables, modern guns and poison. The remaining question is how many more young vultures will have to be released into the wild before a stable, self-sustaining alpine population has been established that can survive without any human interference.



PS: The birds raised a third and fourth chick In 1999 and 2000. Since then, they
have been breeding every year , alas without success . In 2001/2002/2003 they lost their chick, either just after hatching or a few weeks from fledging (fatal fall), in 2004 and 2005 they successfully raised a chick in the north-western cliff face of the same mountain..
July 2005 LL
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 16 février 2006 12:54

Modifié le mardi 10 juillet 2007 14:39

Lutz L. on the wwweb

Lutz L. on the wwweb
(tetrao urogallus)


 http://photos.yahoo.com/lutz_luecker

> oder
 http://photos.yahoo.com/lutz6lucker
oder
http://photos.yahoo.com/lutz6luecker
> oder
 http://photos.yahoo.com/lutzluecker

http://de.pg.photos.yahoo.com/ph/lutzlucker/my_photos

http://de.pg.photos.yahoo.com/ph/lutz2005lucker/my_photos

http://spaces.msn.com/members/lutzluecker/

http://www.birdnet-cms.de/galerie/thumbnails.php?album=search&type=full&search=L%FCcker

http://www.birdtours.co.uk/tripreports/spain/extre10/extremaura-mar-05.htm

http://www.birdtours.co.uk/tripreports/iceland/iceland3/Iceland-05.htm

http://www.ornithomedia.com/pratique/voyages/voyage_art106_1.htm

http://www.birdnet-cms.de/cms/upload/pdf/Iceland05AL.pdf

http://www.birdnet-cms.de/cms/front_content.php?client=1&lang=1&idcat=64&idart=521

http://www.ornithomedia.com/pratique/voyages/voyage_art106_1.htm

http://www.nina.no/archive/nina/PppBasePdf/rapport/2005/84.pdf


BirdnetFotoseite, Fotos März und April 2003
... Felsenschwalbe © Lutz Lücker. In Genf heisst Aprilwetter oft schneidender Nordostwind. ...
Grus aus der Schweiz. Lutz L. <lutz6luckerathotmail.com>. ...
www.birdnet.de/fotos/2003/03-0304.htm - 60k - En cache - Pages similaires

Birdnet-Fotoseite, aktuelle Fotos November und Dezember 2003
... Gruß Michael Jlmschulz -at- aol.com. Sperlingskauz © Lutz Lücker. hallo, Freunde! ...
lang vor der Linse gehabt... Liebe Grüsse an alle lutz. ludwig lücker. ...
www.birdnet.de/fotos/2003/03-1112.htm - 51k - En cache - Pages similaires

Birdnet-Fotoseite, aktuelle Fotos
... Begeisterte Gruesse von Chris. Rothirsch © Lutz Lücker. ... Lutz. Kampfläufer,
Alpenstrandläufer, Silberregenpfeifer © Rolf Schneider. Hier drei Fotos vom Tage. ...
www.birdnet.de/fotos/ - 51k - 12 oct 2004 - En cache - Pages similaires

Marokko April 2004, birdnet-tripreport
... Morocco 9th-18th April, 2004. A birding trip report. Lutz Lücker - Petit-Lancy/
Geneva Daniel Nussbaumer - Neuchâtel. Journey and weather. ...
www.birdnet.de/travel/travel-a05-2.htm - 26k - En cache - Pages similaires

Reiseberichte - hier: NORWEGEN
4th journey from S Sweden to the Barents Sea - July 2003. Report on a birding trip
Lutz Lücker 5, Fort-L'Ecluse – CH-1213 Pt.-Lancy/Geneva / Switzerland. ...
www.birdnet.de/travel/travel-e07-1.htm - 99k - En cache - Pages similaires

Birdnet-Fotoseite, aktuelle Fotos Mai und Juni 2003
... Berglaubsänger, Rhônetal westl. v. Genf Grusgrus Lutz L. .... balzender Schneehahn
auf 100 m, noch etwas platt, kurz nach Wanderfalkenattacke! ...
www.birdnet.de/fotos/2003/030506.htm - 38k

worldbirder.com - Bird thumbnails provided by Lutz Lücker ... - [ Traduire cette page ]
... Photos Supplied by Lutz Lücker Thumbnail of Great Cormorant, Phalacrocorax carbo
this photo was taken in Morocco by Lutz Lücker view full size. ...
www.worldbirder.com/photonew/ xpages/supplier.asp?SupplierID=22 - oder
http://www.worldbirder.com/photo/supplierportfolio.asp?thumbs=true&SID=22


Mauerläufer, Winterquartier
... Mauerläufer, den es im Winter immer wieder an das Priesterseminar von Trier
zog. Christopher Engelhardt. Fotos Mauerläufer: Lutz Lücker.
www.birdnet.de/alula/2004/alu-a04-015.htm - 6k - En cache - Pages similaires

Marokko 06
... Ken Wilson). Morocco 9th-18th April, 2004 A birding trip report by Lutz
Lücker - Petit-Lancy/Geneva Daniel Nussbaumer -Neuchâtel.
www.birdnet.de/travel/travel-a05.htm - 5k -

Foto: Lutz Lücker. Infos im web: ...
www.birdnet.de/alula/2004/alu-a04-64.htm - 9k - En cache - Pages similaires

Alula: Das Online-Magazin für Vogelbeobachter
... als 31%. Alter Seeadler - mit der Nahrung zum Beispiel Wasservögel - nimmt
er giftiges Bleischrot auf! Foto: Lutz Lücker. Wie das ...
www.birdnet.de/alula/2003/alu-010-0310.htm - 6k - En cache - Pages similaires

Steinadler
... nur selten belegt. Völlig ausge¬schlossen sind sie natürlich nicht. Foto:
Lutz Lücker. Adler als Kindermörder. In Norwegen ging ...
www.birdnet.de/alula/2004/alu-a04-46.htm - 21k - En cache - Pages similaires

Reiseberichte - hier: NORWEGEN
... Report on a birding trip, von Lutz Lücker. ... von Lutz Lücker 5, Fort-L'Ecluse –
CH-1213 Pt.-Lancy/Geneva / Switzerland. zur Artenliste. ...
www.birdnet.de/travel/travel-e07.htm - 101k - En cache - Pages similaires

Trip Report: Extremadura (Spain), April 11th-19th
... Trip Report: Extremadura (Spain), April 16th-26 th 2003 Lutz Lücker lutz6lucker@
hotmail.com Alle Fotos von Lutz Lücker mit Nikon Coolpix 885 und Kowa ED ...
www.birdnet.de/travel/bn-travel5-2.htm - 57k - En cache - Pages similaires

Reiseberichte, hier SPANIEN 2001
... Lutz Lücker ludwig.lucker-at- edu.ge.ch. Itinerary. ... Lutz Lücker - 5, Fort-Ecluse -
Ch-1213 Petit-Lancy/Geneva - Switzerland. Tel/fax 0041-22-792.84.62. ...
www.birdnet.de/travel/bn-travel5.htm - 101k -

Birdwatching Trip Report from Extremadura
A Report from birdtours.co.uk, Extremadura (Spain), April 16th-26th 2003,.
Lutz Lücker. Itinerary. 16 ... valley. Some of Lutz's photos. ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/ spain/extra7/extre-ap-03.htm - 43k - Cached - Similar pages

birdtours.co.uk - Birdwatching Reports from Norway 2000-2002
... One cannot do everything at the same time. Distances are just too far in the
Arctic!...Lutz Lücker reports. More photo's from Lutz on www.worldbirder.com. ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/norway/ - 18k - Cached - Similar pages

birdtours.co.uk - Birdwatching Reports from Scandinavia 2004
... Strangely, a few species were quite scarce or totally missing like Common Eider,
breeding Bar-tailed Godwit , Purple Sandpiper etc..Lutz Lücker reports. . ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/scandinavia/ - 15k - Cached - Similar pages

birdtours.co.uk - Birdwatching Reports from Morocco
... Camel crossing the Moroccan Desert Photo: Lutz Lücker. Bird Photos from
Morocco. ... We managed approx.160 species..Lutz Lücker reports. ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/morocco/ - 17k - Cached - Similar pages

Birdwatching Trip Report from
birdtours.co.uk, Morocco 9th-18th April, 2004, Lutz Lücker. Lutz
Lücker – Petit-Lancy/Geneva Daniel Nussbaumer – Neuchâtel. ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/ morocco/morocco9/mor-ap-04.htm - 28k - Cached - Similar pages

Birdwatching Trip Report from Sweden to the Barents Sea 2003
A Report from birdtours.co.uk, Great grey, brown and white Owls., Lutz Lücker. ... Lutz
Lücker 5, Fort-L'Ecluse – CH-1213 Pt.-Lancy/Geneva / Switzerland. ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/ scandinavia/scand2/scand-jul-03.htm - 48k - Cached - Similar pages

birdtours.co.uk - Birdwatching Reports from Spain 2003
... Sitting unobtrusively in the county for hours is often more rewarding than
zigzagging around for a new tick...Lutz Lücker reports. ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/spain/ - 63k -
Birdwatching Trip Report from S Sweden to the Barents Sea 2004

5th journey from S Sweden to the Barents Sea - July 2004,. Lutz Lücker
5, Fort-L'Ecluse – CH-1213 Pt.-Lancy/Geneva / Switzerland. ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/ scandinavia/scand5/scan-july-04.htm - 46k -

Birdwatching Trip Report from Lapland
A Report from birdtours.co.uk, From S Sweden to Lapland - July 2001, Lutz Lücker.
5, Fort-L'Ecluse – CH-1213 Pt.-Lancy/Geneva / Switzerland. Travel. ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/ norway/lapland2/laplandjuly2001.htm - 46k -

Birdwatching Trip Report from Lapland, Norway
A Report from birdtours.co.uk, Lapland/ Laponie - July/juillet 2000, Lutz
Lücker. Report on a birding trip: This report is written ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/ norway/lapland/lapland2000.htm - 32k

birdtours.co.uk - Birdwatching Reports from Sweden 2001
... Ended up with 15 raptor species, all except Hen Harrier!...Lutz Lücker reports.
Mobile Avenue have together with the RSPB and Birdlife ...
www.birdtours.co.uk/tripreports/Sweden/ - 15k –

... Lutz Lücker schreibt im Birdnet.de von seinen Erfahrungen und zeigt erstaunliche
Ergebnisse. Digiskopieren - aber bitte scharf. [Weiter lesen...]. Nachrichten. ...
http://www.birdnet-cms.de/cms/front_content.php?idcat=76 oder
http://www.birdnet-cms.de/cms/front_content.php?client=1&lang=1&idcat=76&idart=97

1. Sweden Birding Resources by the Fat Birder > World Birding > Europe > Sweden
http://www.fatbirder.com/links_geo/europe/sweden.html
"...2001 [July] - Lutz Lücker

http://www.birdtours.co.uk/tripreports/norway/lapland2/laplandjuly2001.htm Generally, it was a windy month of July. No long periods of sunshine, but not too much rain either. But the wind often kept birds and animals hidden and difficult to observe... 2003 [July] Lutz Lücker http://www.birdtours.co.uk/tripreports/scandinavia/scand2/scand-jul-03.htm By car from..."
Score: 51% Size: 64979 bytes.

2. Morocco Birding Resources by the Fat Birder > World Birding > Africa > Morocco
http://www.fatbirder.com/links_geo/africa/morocco.html
"...2004 [April] - Lutz Lücker

http://www.birdtours.co.uk/tripreports/morocco/morocco9/mor-ap-04.htm Since we had less than 10 days for a 3400 km trip, we spent a lot of time driving and observing, very little on photography. Weather was mostly dry, just a few drops at night in Merzouga and rain in Zeida on the evening/night of the 15th. The only drawback was the wind that was a bit too..."
Score: 50% Size: 37584 bytes.

3. Extremadura, Spain Birding Resources by the Fat Birder > World Birding > Europe > Spain > Extremadura
http://www.fatbirder.com/links_geo/europe/spain_extremadura.html
"...2003 [April] - Lutz Lücker

http://www.birdtours.co.uk/tripreports/spain/extra7/extre-ap-03.htm ...Having nothing special to tick off in the Extremadura area, my main aim was to get GOOD views of certain raptors and steppe birds... 2003 [March] - Honeyguide

http://www.honeyguide.co.uk/pdfs/2003extremadura.pdf Pdf 2004 [March] - Honeyguide

http://www.honeyguide.co.uk/pdfs/extremadura2004.p..."
Score: 50% Size: 41828 bytes.

2.
Gypaète.net :: Le Gypaète / Liens et autres photos
... net/oiseaux/accipitriformes/gypaete.barbu.html. © Lutz Lücker (photos.yahoo.
com/lutz6lucker). Sur la réintroduction et la sauvegarde du gypaète...
www.gypaete.net/Pages/gypaete/gypaete8.php - 16k - oder
http://www.gypaete.net/Pages/gypaete/gypaete2.php

Alpaction l' Envol de Sadri
... On l'a vu voler en couple dans le ciel de la Haute-Savoie. Ph. Lutz Lücker.
Click to view high quality version. le 24 juillet 2003: ..Bartgeier.
www.cyberalps.com/alpaction/media/envolSadri.html -

Varanger observations 2000 - [ Traduire cette page ]
... No observations sent in. Sorry. July 2000: Lutz Lücker made a trip to the Varanger
area in the beginning of July, for details click here. June 2000: ...
www.tommy777.addr.com/Observations-2000.htm - 22k -

Photo d'Aigle de Bonelli
Aigle de Bonelli Très rare et localisé (sud est de la France). Photo : Lutz Lücker.
www.lpochampagneardenne.com/album/aigl_bone.htm - 3k -
[ Autres résultats, domaine www.lpochampagneardenne.com ]

Der Falke - Standardvorlage - [ Traduire cette page ]
... Lutz Lücker: Reisetipps für große Begeisterung und kleinen Geldbeutel: Vögel im
hohen Norden Europas Nordeuropa ist für viele Mitteleuropäer nach wie vor ...
www.falke-journal.de/cms/red/iv/iv_2003/iv-2003-06.php - 15k -
Der Falke - Standardvorlage - [
]
... Nachtzählung. Lutz Lücker: Vogelbeobachter, die in den Mond schauen Vogelbeobachtung
bei Nacht kann nicht nur eine Hörexkursion für Eulen bedeuten. ...
www.falke-journal.de/cms/red/iv/iv_2002/iv-2002-08.php - 15k -

http://www.zool-ge.ch/hermines/H130.pdf
Chouettes, ces ours ! Diaporama de Lutz Lücker – Laponie 2003
News (www.Birding.ch und www.chclub300.ch) - [ Traduire cette page ]
.Mauerläufer.. Fort lEcluse, Ain, France November 2003. Lutz Lücker. ... Colombière, HS, France Dezember 2003. Lutz Lücker. 2 Ind. ...
www.birding.ch/club300/fotos/ fotos.php?kategorie=wp&pic=7 - 9k -

Lappland/ Laponie - July/juillet 2000 - [ Traduire cette page ]
> Lappland/ Laponie - July/juillet 2000. 02 Aug 2000 10:34:26, Lucker Ludwig. Lappland/
Laponie - July/juillet 2000. Report on a birding trip Lutz Lücker. ...
ebn.unige.ch/ebn/vo/vo_2000_04.html - 23k -

Photo(s) d'espèce rare in Switzerland
... Contribution of Lutz Lucker. Eurasian Dotterel (Charadrius morinellus) [Pluvier
guinard] Le Suchet (NE) August 28, 2003. Contribution of Lutz Lucker. [Return].
ebn.unige.ch/ebn/rare.html - 3k -

Mouette mélano, Préverenges, 1er mai 2003 Photos: Lutz Lücker.
www.oiseau.ch/pages/preverenges/diaporama/28.html -

La Crau
C'est une vaste plaine fouettée par le mistral et les chaleurs torrides de l'été.
villedesalon.free.fr/ville/crau/crau.htm
Plus de pages avec villedesalon.free.fr

# Posté le jeudi 16 février 2006 10:47

Modifié le mardi 10 juillet 2007 11:21

Recits de Laponie

Recits de Laponie
Lahol, petit elfe emplumé du Grand Nord.

Récit d'un pèlerinage ornithologique au bord de la Mer de Barents.

Aller en Laponie sans prendre l'avion était déjà une gageure. Près de quatre mille kilomètres de route ! Mais trouver le pluvier guignard dans l'immensité de la toundra arctique, là où il n'y a ni arbres ni le moindre buisson, un oiseau de la taille d'un merle et de la même couleur que les millions de cailloux qui gisent sur la mousse et les tapis de lichens, c'était autre chose. Surtout si l'on sait que le volatile en question se distingue des autres par une discrétion absolue. Inutile de tendre l'oreille; en juillet, il ne se fait pas remarquer par son chant. Son cousin, le pluvier doré, a certes un plumage tout aussi cryptique, mais il se trahit par ses cris incessants dès qu'on s'approche de son nid ou ses jeunes. Rien de plus facile que de trouver un doré. Non, Lahol, comme l'appellent les Lapons éleveurs de rennes, était différent!
Je me trouvais donc tout seul dans l'extrême nord de la Norvège, sur le Batsfjordfjell, à 71 degrés de latitude, pas loin du Cap Nord. A part la route qui se terminait un peu plus loin sur les bords de la Mer de Barents, aucune trace de civilisation, si ce n'est les vestiges d'une barrière à Rennes que les Lapons avaient dû construire, on se demande pourquoi, il y a des décennies et que les tempêtes et l'humidité avaient démolie. Cela faisait huit jours que je courais les montagnes au nord du cercle polaire à la recherche de l'oiseau mythique.
Oui, mythique, car voici 75 ans, le célèbre photographe et écrivain suédois Bengt Berg avait été le premier à documenter l'étonnante nature de cette petite bestiole: l'oiseau qui ose couver ses oeufs dans la main d'un homme ! Pour ce faire, Berg, accompagné d'un guide lapon avait passé des semaines à côté d'un guignard sur son nid. Il lui avait parlé pendant des centaines d'heures, lui avait apporté des vers et des larves à manger et gagné, petit à petit, sa confiance jusqu'au moment où l'oiseau tolérait être touché et caressé par le naturaliste. Finalement, celui-ci avait réussi à mettre sa main sous la couche de mousse et les quelques brindilles sur lesquelles reposaient les oeufs de l'oiseau, et millimètre par millimètre, toute la couvée avait pris l'ascenseur jusqu'à la hauteur des genoux du chercheur ! Berg avait prouvé que certains êtres, par ignorance pure de l'homme, avaient si peu peur de lui qu'on pouvait leur faire accepter même une intrusion impensable dans les phases les plus intimes de leur cycle reproductif.
Mon but n'était pas de reproduire les preuves apportés par le Suédois. Mais depuis que j'avais lu ses récits, un de mes rêves avait été de simplement pouvoir passer quelques heures en compagnie de cet animal totalement sauvage qui me faisait une confiance quasi aveugle. Défi en apparence futile, mais ô combien attrayant pour tout ornithologue!
Mais malgré des journées entières de recherche, des dizaines de kilomètres parcourus dans les régions les plus inhospitalières de l'Arctique scandinave, je n'avais rien trouvé. Certes, je possédais bien des indications fiables de diverses personnes ayant fait ce pèlerinage vers le Grand Nord. Mais chaque fois que je m'étais arrêté à une bonne « adresse » de guignard, soit il pleuvait des cordes, ou j'étais simplement rentré bredouille.
Pourtant, j'avais bien étudie les moeurs de cette petit bête si discrète - la littérature ne manque pas! Mais le problème qui se pose à chaque fois qu'on met le pied dans un environnement qui devrait lui plaire - de préférence des crêtes caillouteuses au-dessus de la limite des arbres (donc à partir de 200 m d'altitude dans ces contrées) - c'est que l'oiseau refuse obstinément de s'enfuir à notre approche! Il reste figé sur ses trois oeufs, aplati contre le sol et immobile, en attendant que l'intrus redisparaisse. On peut donc passer à moins de deux mètres du petit nain emplumé sans s'en apercevoir. Combien de ces oiseaux avaient dû m'observer de leurs gros yeux d'animal en peluche pendant cette semaine!
Une fois de plus, je redescendais des hauteurs d'un fjell où je n'avais trouvé qu'un couple de lagopèdes peu méfiants et quelques bruants des neiges indifférents à ma présence car trop occupés à ramasser des insectes au bord d'un énorme névé qui ne voulait pas fondre malgré le soleil d'été qui, lorsque le vent chaud vient de la Sibérie centrale, peut cogner comme dans les Alpes. Je pensais aux mots du vieux lapon qui avait dit à Berg: «Ce n'est pas la peine de chercher un nid de Lahol. Si Dieu le veut, il se trouvera un jour sur ton chemin, sinon tu ne le trouveras pas ! » Pas très encourageant dans un paysage ou, excepté les fonds des vallons, presque chaque pouce de terrain sec jusqu'à l'horizon pourrait convenir à ces oiseaux dont la densité de population dépasse rarement un couple au kilomètre carré!
Mais tout d'un coup, quelques pierres grises commencèrent à rouler et s'éloignèrent de moi sans bruit. Ensuite, ces « galets » se mirent à pousser de petits cris flûtés. J'avais levé tout un groupe de guignards, ou c'est plutôt eux qui m'avaient surpris! Hauts sur pattes, avec une grosse tache rouge marron sur le ventre , un mince collier blanc au-dessous d'un poitrail gris perle et un visage aux fines barres noires et blanches, ils sont peut-être les échassiers les plus attrayants de l'Arctique. Il y en avait sept ou huit, tous très affairés à gober par terre des larves et insectes invisibles pour moi. Ils couraient à une vitesse incroyable comme des jouets mécaniques pour s'arrêter brusquement devant la prochaine proie! Mais il n'y avait que des femelles ! Plus grandes et colorées que leurs compagnons, celles-ci ne font que parcourir la toundra à la recherche d'un nouveau partenaire qu'elles délaisseront comme le précédent quelques jours plus tard. Avec, bien sûr, la ponte dont il s'occupera en principe tout seul. Ainsi, une femelle peut donner vie à un nombre de poussins plus élevé que d'autres pluviers, ce qui augmente considérablement les chances d'emmener en automne au moins un ou deux jeunes survivants sur les sommets des montagnes entre l'Atlas marocain et l'Arabie saoudite, (en passant par les pâturages du Jura romand). Je dois donc me contenter d'observer pendant longtemps le manège de ces dames affamées jusqu'à ce que, comme d'un coup de baguette magique, elles disparaissent en vol derrière la crête d'une colline éloignée. Et voilà que, de surcroît, le mauvais temps s'abat sur la région.!
Je dois donc patienter pendant plusieurs jours avant de revenir sur place et reprendre mes recherches qui restent à nouveau vaines pendant toute une journée. Sur le chemin du retour, découragé, déjà tout près de mon véhicule, j'aperçois soudainement de nouveau une de ces « pierres » qui roulent. Une femelle, mais toute seule cette fois! Je suis l'oiseau avec mes jumelles, qui se couvrent bientôt de buée à cause de l'effort et de l'excitation. Je la perds de vue derrière une butte quand mon regard se fixe sur un minuscule trait horizontal noir et blanc, loin, à plus de cinquante mètres dans la lande. Je n'arrive pas à y croire, mais ce que je vois là, c'est la tête d'un guignard immobile sur sa couvée. Avec mille précautions, je m'approche de lui. Je fais semblant de regarder ailleurs pour ne pas lui donner l'impression que je m'intéresse à lui, tout en veillant de ne pas oublier derrière lequel de tous ces cailloux innombrables l'oiseau se cache. Celui-ci devient de plus en plus plat et fait semblant de ne pas exister.
Une demi-heure plus tard, je suis assis à moins d'un mètre de « mon » guignard. Je peux enfin le regarder en face. Je lui parle, ce qui a l'air de le rassurer. Parfois, lorsqu'un oiseau de proie ou un corbeau passe à l'horizon, il ne fait même plus attention à moi et préfère scruter le ciel. Je ne représente pas plus de danger pour lui que ces rennes qui passent parfois par ici. Il a compris que je ne lui veux aucun mal; l'homme ne figure pas sur sa liste d'ennemis à éviter et il accepte ma présence comme celle d'un ruminant ou d'un gros rocher qui ne fait que lui boucher la vue. Et je suis à nouveau obligé de penser à Bengt Berg qui disait que la plus grande difficulté que l'homme éprouvait à vivre en bonne entente avec un animal sauvage, était son manque de patience!
Un des buts de mon long voyage est atteint: je me trouve à des dizaines de kilomètres du village le plus proche, en tête à tête avec un oiseau sauvage pour lequel j'étais un parfait inconnu - ou pire, un danger potentiel - et cette créature m'a adopté sans broncher comme un élément faisant partie de son environnement. Quel être humain serait capable d'en faire autant ?


Chouettes, ces ours!
Un mois de juillet en Laponie arctique -
Diaporama numérique PowerPoint - 360 images, sfr 49.-- (adresse: 5, Fort-Ecluse, 1213 Pt.-Lancy)

Après sa première conférence sur le nord de la Scandinavie en automne 2000, le conférencier y est retourné trois fois pour approfondir sa connaissance de ces vastes contrées. Nous retrouverons les grands lacs avec leurs Grues cendrées et Oies naines qui ont été réintroduites avec succès en Suède. Les grandes forêts et la toundra abritent Elans, Rennes, Labbes et 7 espèces de nocturnes rencontrées dont la Chouette lapone et le Harfang des neiges. Le Faucon gerfaut le plus observé d'Europe niche juste au-dessus d'une place de parc au bord de la meilleure rivière à saumon et se laisse admirer par une quantité d'ornithologues venus de partout. Les pluviers guignards sont plus difficiles à trouver, mais si l'on reste pendant 24 heures dans leur biotope désolé, on est étonné d'y voir 25 autres espèces d'oiseaux , dans un désert de pierres, de mousses et de lichens où toute vie semble parfois manquer... mis à part les innombrables moustiques qui embêtent le naturaliste. Sur les bords du Varangerfjord, on trouve des quantités de Pygargues (et même l'Aigle royal), une grande variété de limicoles et de canards dont les 3 espèces d'Eiders, les 4 espèces de Plongeon, ainsi que des colonies d'oiseaux de mer qui abritent, entre autres, le Guillemot de Brünnich arctique. Après une virée dans la vallée du Pasvik avec ses pins tricentenaires et Tétras, nous descendons le long de la frontière Russe en Finlande pour admirer une quinzaine d'Ours bruns que le conférencier a filmés au sud du cercle polaire, là où le Robin à flancs roux trouve la limite occidentale de son aire de répartition.

plus sur
http://www.birdnet.de/travel/travel-e07.htm#juli2003

http://www.birdnet.de/travel/travel-e07-1.htm#barents

et

http://www.birdnet.de/travel/travel-e07.htm
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 16 février 2006 10:40

Modifié le mardi 10 juillet 2007 12:42

Islande, feu, glace et ... oiseaux!

Islande, feu, glace et ... oiseaux!
Une version en français de cet article se trouve sur

http://www.ornithomedia.com/pratique/voyages/voyage_art106_1.htm

Bonne lecture!
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le jeudi 16 février 2006 10:16