Etrange méprise d'un Circaète Circaetus gallicus

Etrange méprise d'un Circaète Circaetus gallicus
Pendant un bref séjour dans le Vivarais (région de Valence F) en juin, j'ai eu l'occasion d'admirer l'avifaune impressionnante de la région de St-Georges-les-Bains. Sur quelques kilomètres carrés, j'ai observé en 2 jours le Busard cendré Circus pygargus, un minimum de 3 Circaètes Circaetus gallicus, des Guêpiers Merops apiaster, un Engoulevent Caprimulgus europaeus, l'Alouette lulu Lullula arborea, des Tariers pâtres Saxicola torquata, la Fauvette passerinette Sylvia cantillans, l'Hypolaïs polyglotte Hippolais polyglotta, la Pie-grièche écorcheur Lanius collurio et des Bruants zizis Emberiza cirlus.
Le samedi 26 juin 1999, j'étais attablé avec 4 amis (sous un avant-toit recouvert de vigne) sur la terrasse d'une ferme située à plus d'un kilomètre de l'habitation la plus proche. Nous avions déjà observé à plusieurs reprises 2 ou 3 Circaètes dans le ciel. Quelle ne fut pas notre surprise, lorsque, soudain, un de ces énormes rapaces descendit en trombe sur la pelouse à 5 m de notre table, apparemment pour essayer de se saisir... d'un tuyau d'arrosage vert olive qui avait dû lui rappeler une grosse couleuvre (d'Esculape Elaphe longissima ou de Montpellier Malpolon monspessulanus?). Comme il y eut un tollé autour de notre table, l'oiseau, qui ne nous avait pas vus d'en haut, fut effrayé et décampa à toute vitesse, sans même avoir pu toucher le tuyau. Il n'y avait apparemment pas de serpent ou de lézard dans les parages; en effet, à mon grand étonnement, je n'ai pu trouver un seul reptile pendant mon séjour autour de la ferme.

Summary - Strange predatory behaviour of a Short-toed Eagle Circaetus gallicus. On 26th June 1999 in the region of Valence (France), a. Short-toed Eagle was seen performing a diving attack on a water-hose lying on the lawn near a farm house as close as 5 m to a group of people. As the people moved, the eagle was frightened and flew off without having grasped the hose that it obviously had mistaken for a snake. (O. Biber)

# Posté le mardi 28 février 2006 11:43

Modifié le samedi 20 juin 2009 13:31

Réactions d'un couple de Pics noirs (Dryocopus martius) à la repasse de leurs cris et chants. –

Réactions d'un couple de Pics noirs (Dryocopus martius) à la repasse de leurs cris et chants. –
Le 14 avril 1991, je redescends de la montagne du Bargy, en Haute-Savoie, où j'ai essayé, à l'aide d'un magnétophone, de rechercher (une fois de plus en vain) la Perdrix bartavelle. Soudain, à environ 1500 m d'altitude, dans un alpage parsemé d'érables, deux Pics noirs s'envolent presque devant mes pieds pour se poser à 30 m dans un érable. Ils me regardent pendant quelques instants et regagnent ensuite un autre arbre qui se trouve 200 m plus loin. J'ai donc l'occasion de déballer mon magnétophone, de rechercher mon enregistrement de Pic noir, et de le repasser. Cet enregistrement est composé du tambourinage ainsi que des quatre types de cris habituels du Pic noir, à savoir:

1 ° le krukrukrukrukrukrukru, émis en général en vol;
2° le klieuh plaintif qu'il émet quand il se pose, et qui, selon GÉROUDET(1), exprime une inquiétude ou une excitation modérée;
3° le klicka (ou klatiu) répété qui (toujours d'après le même auteur) signale la crainte, l'embarras ou gui doit alerter ses congénères;
4° la répétition des 20 à 30 syllabes kouikouikouikouikoui... qui est considérée comme le chant nuptial proprement dit.

La réaction des deux pics est étonnante. Au lieu de répondre ou de s'approcher comme d'habitude, tous les deux commencent à tressaillir nerveusement, agitent les ailes et la queue, allongent et balancent leur cou de manière saccadée. C'est une véritable «danse de Saint- Guy» qui dure environ trois à quatre secondes pendant lesquelles les pics restent toujours accrochés de chaque côté du tronc, à la même hauteur, mais sans se voir. Ensuite, ils demeurent absolument immobiles, en fixant l'arbre derrière lequel je me cache. Quand je réitère mes appels, le même scénario se répète maintes fois: tressaillements pendant quelques secondes, station figée ensuite. Si j'attends seulement dix à vingt secondes entre deux appels, il n'y a aucune réaction et les deux oiseaux restent de marbre. Si, en revanche, j'attends une minute ou deux, leur danse étrange recommence.
Aucune émission vocale n'est entendue ce jour-là, et je quitte les lieux, laissant derrière moi les pics immobiles comme des statues.

Le 12 mai à 10 heures du matin. Je m'arrête à environ 400 m du petit bois de 2 ha, composé d'épicéas et de hêtres, où plus tard je trouverai par hasard la loge des pics. Je mets en marche le magnétophone et n'attends que quelques secondes pour avoir les deux pics à 20 m sur la même branche d'un gros érable. Cette fois, tous deux sont très bruyants et émettent tout le répertoire des cris évoqués plus haut, ainsi qu'un cri que je n'avais jamais entendu auparavant, un «wiou, wiou» flûté, un peu comme un Canard siffleur (Anas penelope), toujours émis après le cri du genre klatiu (type 3) et qui semble une contraction de ce cri. Malgré ma présence visible,ils vont jusqu'à s'accoupler sur leur branche, mais ils disparaissent après quelques instants dans le bois d'où ils étaient venus. Sur un épicéa mort, le mâle commence ensuite à tambouriner pendant un bon moment, et les deux (la femelle me paraissant encore plus loquace que son conjoint) continuent à me répondre sur tous les registres, en se déplaçant entre les bois et les autres arbres de l'alpage. Toutefois, m'ayant vu, ils ne s'approchent plus à moins de 100 m. Ils expriment néanmoins leur embarras en simulant une quête de nourriture, donnent de violents coups de bec en l'air, ainsi que sur les troncs et branches où ils se posent; ils descendent aussi à terre en feignant de rechercher des fourmis et autres insectes même là où il n'y en a pas: les mottes de terre volent loin! Le spectacle est insolite et captivant. Mais comme je crains que les pics ne soient au début de la ponte, je préfère partir après trente minutes.

Le 26 mai, nous passons à 8 h près du bois des pics. A mes premiers appels, aucune réaction. Un quart d'heure plus tard, en revanche, nous entendons le krukrukru d'un pic en vol. Je déclenche mon appareil, et voilà que le mâle apparaît immédiatement pour se poser dans un autre bois, à environ 600 m de son nid. Il nous offre l'étalage de toute sa gamme sonore, mais la femelle reste invisible. Nous en concluons qu'elle couve et continuons notre route. Au retour, à 15 h, notre chemin nous amène à traverser le bois où habitent les pics. A nos appels, le mâle vient tout de suite mais garde ses distances, répond, tambourine. Au contour du sentier, nous repérons la loge des pics, dans un hêtre un peu plus en contrebas, à la hauteur de nos yeux, avec des copeaux frais au pied de l'arbre. Nous nous éloignons immédiatement tandis que le mâle continue à chanter et à se montrer; mais la femelle, tout comme le matin, reste dans le nid.

Le 9 juin, nous passons une fois de plus dans le petit bois pour aller observer des bouquetins plus haut. A 30 m de la loge du pic, je tente quelques appels du magnétophone. Immédiatement, la tête du mâle apparaît dans le trou de la loge. Il nous voit et s'envole en criant, se pose plus loin sur «son» épicéa et tambourine, mais pas longtemps et discrètement. Il ne chante plus, ne se déplace plus, et nous ne voyons pas non plus sa compagne. Nous nous cachons 400 m plus loin, mais il n'y a plus de réponse. Les pics nous ont aperçus et évitent soigneusement de nous donner une deuxième preuve de leur présence, voire de l'emplacement de leur nid. Nous pensons que leurs poussins pourraient être juste éclos et préférons les laisser tranquilles...

Je détaille ici ces notes pour montrer combien le comportement de ces oiseaux peut différer selon la phase de leur période nuptiale. Les cris du Pic noir sont d'ailleurs d'une telle variété, tant sur le plan du «vocabulaire» que du point de vue de l'intensité et de l'intonation, que l'on peut aisément avoir l'impression d'un vrai langage.

J'aimerais toutefois mettre en garde les amateurs contre un usage prolongé et abusif de la repasse. Il faut à tout moment rester le plus discret possible et surtout adapter la longueur de cette intervention, somme toute assez troublante pour les oiseaux, aux circonstances et à la phase de reproduction pour ne pas mettre celle-ci en danger. Personnellement, je ne connais pas de cas d'abandon du territoire d'une espèce d'oiseau quelconque suite à un essai de repasse, mais les observations ci-dessus nous montrent à quel point les réactions peuvent être surprenantes et bizarres. Donc: prudence!


Lutz LÜCKER 5 ch. du Fort-de-l'Ecluse CH-I213 Petit-Lancy


1. Géroudet P.: Les Passereaux - 1: Du coucou aux corvidés. Neuchâtel 1961.
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# Posté le mardi 28 février 2006 11:40

Modifié le lundi 16 juillet 2007 10:57

Table des matières - Inhaltsverzeichnis - Contents:

Table des matières - Inhaltsverzeichnis - Contents:
Espace photos:
http://spaces.msn.com/lutzluecker

Trip Report: Extremadura and northwestern Spain,12th to 23rd-April 2006 (deutsche Fassung)

There aren't only birds in Spain, there are Wolves, too!!! (Version française)

Intensiver VogeIzug im Spätherbst aIs Folge einer Stauentladung

Etrange méprise d'un Circaète Circaetus gallicus

Réactions d'un couple de Pics noirs (Dryocopus martius) à la repasse de leurs cris et chants. –

Le retour d'un oiseau rare: l'Ibis chauve

Le Rhône genevois, zone ornithologique d'importance internationale !

Il y a ce perroquet qui arrive dans un bistrot et qui dit...

Pas besoin d'aller en Amérique pour voir des ours !

Les cigognes migrent sur Internet pour mieux échapper aux dangers qui les guettent sur leur route.

Etrange manège d'un couple de Gravelots pattenoire (G. à collier interrompu, Charadrius alexandrinus) autour d'un nid d'Huîtrier-pie (Haematopus ostralegus).

L'augure du Fort de l'Ecluse (F-01) - Migration des rapaces près de Genève

Attention! Cou fou ! Sur un phénomène étrange chez le Grand Tétras

Mes liens internet favoris et mes albums photo sur le web:

Première tentative de nidification d'un couple de Gypaètes barbus (Gypaetus barbatus ) issus de réintroduction dans les Alpes et remarques comportementales

Migration nocturne des passereaux dans le canton de Genève: des chiffres record pour les mois de novembre 1998 et octobre 1999

Lagopèdes: Spécialistes de survie en fourrure polaire

Première nidification réussie d'un couple de Gypaètes barbus Gypaetus barbatus dans l'arc alpin au 20ème siècle

Le Col de la Colombière en Haute-Savoie, paradis des ornitho- naturalistes

PHENIX - the BIRD that ROSE from its ASHES (On alpine Lammergeiers)

Lutz L. on the wwweb

Recits de Laponie (Pluvier guignard, chouettes...)

Islande, feu, glace et ... oiseaux!

Ornithologen, die in den Mond gucken

Der Phönix ist wieder da ! (Reintroduction of Bearded Vultures in the Alps)

Morocco 9th-18th April, 2004

Great grey, brown and white Owls. A trip to Lapland - Voyage en Laponie |

Lapplandfieber - Eine Low-Budget Reise in die Arktis

Birding in Extremadura, Spain, March 2005

Iceland - fire, water and...birds!- 9th-22nd July 2005

Digiskopieren ? Aber bitte scharf!

Digiscopie ? Mais il faut que la photo soit nette!

Ornithologie im Genferseegebiet - Birding around Geneva -
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# Posté le dimanche 26 février 2006 10:31

Modifié le mardi 10 juillet 2007 17:19

Le retour d'un oiseau rare: l'Ibis chauve

Le retour d'un oiseau rare: l'Ibis chauve
Réintroductions.- Disparu de Suisse, un oiseau légendaire va renaître dans les Alpes

Gravure de Conrad Gesner (Historiae animalium -Liber III qui est de avium natura), vers 1555.

Pendant longtemps, les naturalistes qui avaient lu dans l'oeuvre monumentale du savant suisse Conrad Gesner le portrait mystérieux d'un “ corbeau des forêts ” au plumage à reflets métalliques, croyaient que ce volatile n'était que le fruit d'une imagination trop fertile. C'est seulement 300 ans plus tard que l'on découvrit en Asie mineure ainsi qu'en Afrique du Nord une espèce d'échassier qui correspondait dans tous les détails à la description donnée par Gesner, et que l'on appela Ibis chauve. Cet oiseau avait habité les falaises suisses et autrichiennes avant de disparaître de l'arc alpin, probablement à cause d'un refroidissement du climat. Les colonies au Maroc et en Turquie se dépeuplèrent à leur tour. A Birecik, au bord de l'Euphrate, on vénérait ces oiseaux comme des êtres sacrés que des pèlerins apercevaient occasionnellement dans leurs quartiers d'hiver près de la Mecque. La légende était perpétuée par les bateliers de l'Euphrate, mais on l'oublia vite après la construction d'un pont. La ville se développa, et les nouveaux-venus firent disparaître la colonie. Aujourd'hui, la population mondiale compte moins de 100 couples sur la côte atlantique du Maroc, et quelques rescapés dans les steppes de Syrie, redécouverts par des bédouins en 2002.

Heureusement, l'Ibis chauve est une espèce facile à garder en captivité. Il se reproduit dans de nombreux parcs zoologiques comme au Dahlhölzli à Berne. Chez nos voisins autrichiens, l'institut de recherches Konrad Lorenz à Grünau a essayé d'acclimater une trentaine d'Ibis dans une colonie artificielle en semi-liberté. Les premières années de cette tentative furent marquées par des revers douloureux. Les trois quarts des oiseaux furent perdus, la moitié d'entre eux à cause de l'appétit de leurs voisins, des hiboux grands ducs. Les autres ne revenaient pas de leur migration automnale qui peut les mener jusqu'en Pologne et au Bélarus. Mais les chercheurs ne se sont pas laissé décourager. On mit un grillage devant leur falaise pour enfermer les oiseaux pendant la nuit... et tout l'automne! Depuis, plus aucune perte n'a été à déplorer. Les zoologues de l'institut espèrent maintenant que les oiseaux perdront petit à petit leur instinct migrateur, comme c'est le cas dans certaines populations villageoises de cigognes réintroduites en Suisse. Le but de l'entreprise n'est pas de recoloniser la région de Grünau avec des ibis, mais d'obtenir des renseignements sur leur comportement en liberté, ce qui permettra dans une deuxième phase de fonder des colonies sauvages dans des régions européennes qui pourraient convenir à cette espèce.

On parle de certains canyons dans des zones arides en Espagne, et une première expérience a été lancée dans le Frioul, près d'Udine. Mais ce sera un travail de longue haleine qui nous rappelle la réintroduction du gypaète barbu. Comme ce rapace, l'ibis ne se reproduit qu'à l'âge de 5 à 7 ans, et on devra patienter encore longtemps avant de voir la descendance de ces oiseaux évoluer librement dans nos montagnes et de fonder à leur tour d'autres colonies libres. Pour éviter des pertes de ces volatiles précieux, les chercheurs les accompagnent dans leur migration en ULM jusque dans une réserve aquatique en Toscane où la chasse reste interdite. Là aussi, les oiseaux, disciplinés et sages, passent les nuits dans une volière. Au printemps, il doivent chercher à gagner l'Autriche sans aide. En mai/juin 2005, 7 oiseaux sont bien partis le long de leur route migratrice normale vers les cols alpins, mais ont rebroussé chemin après quelques semaines, probablement à cause du mauvais temps, et sont revenus sains et saufs dans leur lagune en Toscane. Ceci n'est pas un échec, car de jeunes oiseaux peuvent choisir de ne pas revenir sur leurs lieux de naissance avant d'avoir atteint leur maturité sexuelle.

Plus de détails (en allemand et anglais) sur
http://www.waldrappteam.at/
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# Posté le vendredi 24 février 2006 13:07

Modifié le mardi 10 juillet 2007 17:35

Le Rhône genevois, zone ornithologique d'importance internationale !

Le Rhône genevois, zone ornithologique d'importance internationale !
Milan noir

Protection des biotopes - Un énorme ouvrage de référence vient de voir le jour


Les élèves d'un collège genevois, plongées sur leurs dissertations de maturité, ont de la peine à se concentrer. Devant leur salle au sixième étage, une vingtaine de Milans noirs, élégants rapaces d'une envergure de 1,50 m et plus, tournoient en guettant une dame âgée qui, sur son balcon en face de l'école, répand quelques déchets de cuisine à l'intention des corneilles. Charognards et éboueurs des pays chauds, les milans ont vite trouvé cette source de nourriture facile et régulière et se ruent sur l'aubaine dès que leur bienfaitrice a disparu. La vieille dame ne sait pas que, selon l'ornithologue Bernard Lugrin, plus de 100 couples de milans nichent sur les bords du Rhône genevois, et que son immeuble se trouve au bord d'une IBA !.

Une IBA, qu'est-ce que c'est ? Abréviation pour « zone d'importance pour les oiseaux » (important bird area, ZICO en France), ce sigle vient d'être attribué à plus de 3600 sites en Europe par l'organisation internationale de protection des oiseaux BirdLife International. Pendant quatre ans, des centaines d'ornithologues professionnels et bénévoles ont recensé dans 51 pays européens toutes les régions (7 % du territoire) qui abritent régulièrement un nombre conséquent d'espèces localement ou globalement menacés, que ce soit pendant la saison de nidification, de passage ou d'hivernage. Cette liste impressionnante vient d'être publiée. Son titre : « Important Bird Areas in Europe - Priority sites for conservation »* En deux volumes de 1600 pages, elle pèse plus de 5 kilos. Quinze pages sont consacrées à la Suisse qui compte 31 IBA, dont dix en Suisse romande. La Station ornithologique Suisse de Sempach et l'Association suisse pour la protection des oiseaux ont choisi les sites dans notre pays en consultant des acteurs locaux comme la société romande Nos Oiseaux..
Les IBA peuvent se situer dans des régions où nichent bon nombre de certains oiseaux relativement rares sur le plan global ou européen. Le Pays d'Enhaut par exemple abrite des faucons pèlerins, tétras-lyres, pics tridactyles, merles de roche, tichodromes, niverolles, venturons, ainsi qu'une population de merles à plastron pouvant atteindre les 2500 couples. Il peut aussi s'agir d'une région de piedmont comme entre Sierre et Viège avec ses bartavelles et torcols, ou les bords du Rhône genevois, terrain de prédilection de nos milans et de plusieurs dizaines de couples de harles bièvres. Mieux encore, cette section du Rhône donne refuge en hiver à des dizaines de milliers de canards, dont jusqu'à 13.000 fuligules morillon, tout comme les rives du Léman (max.15.000 grèbes huppés en hiver) et du Lac de Neuchâtel (max.11.000 nettes rousses, de fort jolis canards plongeurs à la tête dorée). D'autres IBA romandes se trouvent au Mont Tendre dans le Jura vaudois, ainsi qu'à La Brévine et aux Ponts-de-Martel (NE),
L'ouvrage de référence monumental de BirdLife recense également le statut de conservation de chaque région. Si le Rhône genevois bénéficie de protections sur le plan national et international (Réserve d'oiseaux d'importance internationale OROEM, Convention de Ramsar), une grande partie des rives du Léman - hormis quelques réserves comme les Grangettes à Villeneuve ou la minuscule Pointe à la Bise ( GE) - n'ont aucun statut particulier.
En Europe, 38% des espèces régulièrement observées sont en forte régression ou même menacées d'extinction. 98 des espèces nichant en Suisse ont un statut d'espèce menacée, dont dix « très menacées ». Les coupables principaux sont déjà trouvés : tourisme, intensification de l'agriculture et extension des surfaces agricoles, densité des routes et autoroutes, industrialisation, urbanisation, drainages et canalisations. Pour chaque site, le livre donne la liste des menaces les plus sérieuses. En effet, il n'a pas seulement été compilé pour l'ornithologue averti et le professionnel de la protection de la nature, mais surtout conçu comme outil de travail précieux dans la main des offices fédéraux et cantonaux, des scientifiques, planificateurs et décideurs en tous genres. A bon entendeur !

*A commander auprès de Schweizer Vogelschutz-BirdLife Schweiz, Postfach, 8036 Zürich, au prix de 195.-sfr. En préparation : une publication partielle pour la Suisse.

Légende de la photo : les rives du Rhône genevois abritent une centaine de couples de ces élégants milans noirs
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# Posté le vendredi 24 février 2006 10:07

Modifié le lundi 16 juillet 2007 07:17